L’Enquête, de Philippe Claudel

Chargé d’élucider les causes d’une vague de suicides dans une entreprise qui semble ressembler à toutes les autres, l’Enquêteur est investi d’une mission qu’il doit mener à terme comme il l’a toujours fait. Mais très vite des signes d’inquiétude s’emparent de lui. Que ce soit à son hôtel, où touristes bruyants et personnes en détresse se succèdent, ou dans l’entreprise où tous lui sont hostiles, il ne se sent pas à sa place. Est-il tombé dans un piège ? N’est-il pas lui-même la prochaine victime d’une machine infernale prête à le broyer comme les autres ? Cette enquête sera-t-elle sa dernière ?

Ni évidence ni logique dans ce roman : tout est absurde, kafkaïen, onirique. L’intrigue ne se déroule nulle part, et les personnages ne sont personne. L’Entreprise est une matrice qui englobe tout, la Ville, peut-être le monde aussi ? Ce conte fantastique nous livre un cauchemar déshumanisé où le lecteur entre par glissements, tout comme le narrateur, jusqu’à la chute vertigineuse… Voici un livre qui fait réfléchir, très différent des autres romans de Philippe Claudel.

Philippe Claudel, L’Enquête, Stock, 2010, 9782234065154