La couleur des sentiments, de Kathryn Stockett

La couleur des sentiments par StockettJackson, Mississippi, 1962. Dans quelques mois, Martin Luther King marchera sur Washington pour défendre les droits civiques. Mais dans le Sud, toutes les familles blanches ont encore une bonne noire, qui a le droit de s’occuper des enfants mais pas celui d’utiliser les toilettes de la maison. Quand deux domestiques, aidées par une journaliste, décident de raconter leur vie au service des Blancs dans un livre, elles ne se doutent pas que la petite histoire s’apprête à rejoindre la grande, et que leur vie ne sera plus jamais la même.

Dans ce roman à trois voix, la Ségrégation raciale est vécue du côté des Noirs et du côté des Blancs. Les deux points de vie sont montrés de façon intelligente, sans manichéisme, sans fausse note. Le personnage d’Aibileen est particulièrement touchant : elle élève avec amour la fille d’une patronne blanche qui la méprise. Son plus grand espoir est que la petite Mae Mobley, une fois grande, n’ait pas dans le regard le même mépris que sa mère vis-à-vis d’elle. Les femmes, blanches et noires, sont en première ligne dans ce roman ; et il est bon qu’un auteur rappelle que ce sont les femmes aussi, par leurs comportements, leurs engagements, qui font l’Histoire.

Kathryn Stockett, La couleur des sentiments, Actes Sud, 2012, 9782330013073

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