Le feu des origines, d’Emmanuel Dongala

Le Feu des origines par DongalaMankunku dont le nom signifie ‘Celui qui détruit’ est aussi bon guerrier qu’il est forgeron. De sa naissance merveilleuse à ses dernières années, la vie de Mandala Mankunku raconte celle de son pays, le Congo. La sanglante construction du chemin de fer congolais, la mise en coupe du pays, et jusqu’à l’utilisation massive des hommes lors de la guerre de 1940, où le Tchad, le Cameroun, la Centrafrique et le Congo constitueront les bases de la France Libre. Alors, balayé par le pouvoir colonial, usé par les luttes politiques puis la guerre, vieilli aux yeux même de ces enfants partis chercher la modernité en Occident, il restera à Mandala Mankunku à retrouver le feu des origines.

Le lecteur vit les événements à travers les yeux de Mankunku;le langage évolue aussi au fil du roman. D’une incroyable vigueur poétique au début, il devient plus factuel lorsque Mankunku s’installe en ville, pour finir, à la vie de sa vie, par devenir une rhétorique du questionnement. Car en plus d’être un document sur l’histoire de la colonisation et sur la culture du Congo, on retient de ce roman la quête de sens qui le traverse, et qui fait dire à Mankunku au crépuscule de sa vie : « je sais que je ne sais rien ». Le fait de mêler histoire, poésie et réflexion philosophique en fait un grand roman.

Emmanuel Dongala, Le feu des origines, Le Serpent à plume, 2001, 9782842612914