Tant que nous sommes vivants, d’Anne-Laure Bondoux

Le temps des splendeurs s’est enfui et avec lui l’espoir. Dans la ville et alentours, tout est faim, torpeur et inquiétude. Seule l’Usine continue de charrier du feu et des armes en assurant la survie de la communauté. Bo et Hama y travaillent, elle, ouvrière de jour, lui, de nuit. Tous deux s’aiment d’un amour fou. Mais une menace gronde et les imprécations du vieux sage Melkior annoncent la fin des temps. Un jour, le désastre survient : une explosion accidentelle dévaste l’Usine laissant les hommes dans la misère. Les deux amants doivent alors fuir pour trouver un autre moyen de subsistance. Commence alors pour eux un fabuleux périple initiatique vers des territoires inconnus à la recherche de leur place dans ce monde…

A une époque et dans un lieu imprécis, hybrides, Bo et Hama forment un couple qui s’adore, leur amour est une étincelle qui illumine l’Usine où ils travaillent. Mais le terrible accident qui dévaste l’Usine laisse une empreinte indélébile sur leur amour. Fuyant une menace diffuse (le rejet des autres, la guerre ?) ils errent, se cherchent. L’amour est-il plus fort que la guerre ? La question reste en suspens.

« Tant que nous sommes vivants » c’est une histoire d’abandon, de don, de part d’ombre, poétique, un brin fantastique, qui nous dit que le bonheur est provisoire, toujours à construire, que c’est un chemin… Tsell fait le chemin à rebours de ses parents, remonte à la source, au lieu qui a vu naître leur amour. C’est un roman des possibles, de la régénération, du voyage. D’Anne-Laure Bondoux j’ai aimé « La Princetta et le capitaine », « Le temps des miracles » : son dernier roman est dans cette veine-là, fluide, moderne, talentueux.

Anne-Laure Bondoux, Tant que nous sommes vivants, Gallimard Jeunesse, Gallimard, 2015, 978-2-07-065379-9

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