L’enfant chasseur, d’Adrien Parlange

L'Enfant chasseurUn soir un enfant écoute sa mère lui lire l’histoire de l’enfant chasseur. Il s’endort sans y croire, mais le lendemain, il suit sa trace dans la forêt, interroge les animaux qui pourraient le renseigner et le conduire jusqu’à lui. Ce livre propose au lecteur une relation inédite : être cet enfant en utilisant son portrait pour faire apparaître soi-même l’élément narratif déterminant de chaque page. Les signes laissés par l’auteur dans l’image (croix, rond, boucle, angle droit), permettent par une manipulation simple de placer le transparent de façon à révéler une forme, un personnage, un objet ou même une idée cachés. Cet enfant chasseur n’est-il pas le double sauvage du lecteur ? Un enfant dont la liberté donne à rêver, mais qui cependant ne peut le faire renoncer à la douceur d’une maman et d’un oreiller.

Album découvert au Salon du livre jeunesse de Montreuil. Avec très peu de moyens et de couleurs, dans un style qui évoque Matisse, Adrien Parlange parvient à déployer un monde d’une grande poésie. La lecture est lente, elle se fait par degrés : l’image, puis le texte, et puis la superposition du film au visage en silhouette sur l’image permet de faire apparaître un dessin plus complexe, plus complet. Il apparaît réellement : l’enfant est acteur, et superpose le film sur la page, en s’aidant des petits symboles proposés par l’auteur ; le résultat révèle un sens caché, comme secret, contenu dès le départ dans la page mais pas encore perçu. L’économie de texte laisse une grande liberté d’interprétation à l’enfant : c’est même une véritable incitation au rêve ! La lecture est toujours inédite, et d’une force de suggestion incroyable.

Sophie Van der Linden en parle ici sur son blog.

Adrien Parlange, L’enfant chasseur, Albin Michel, 2015, 978-2-226-31841-1

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