Le roi des fauves, d’Aurélie Wellenstein

Le roi des fauves par WellensteinAccusés de tentative de meurtre, Ivar, Kaya et Oswald sont condamnés à un sort pire que la mort. Enfermés dans un royaume en ruines, coupés du monde, il leur reste sept jours d’humanité. Sept jours pendant lesquels le parasite qu’on leur a inoculé va grandir en eux, déformant leur corps et leur esprit pour les changer en monstre. Au terme du compte à rebours, ils seront devenus des berserkirs, des hommes-bêtes enragés destinés à tuer ou être tués sur les champs de bataille. À moins que le légendaire roi des fauves puisse enrayer leur terrible métamorphose ? Mais existe-t-il vraiment ailleurs que dans leur tête ? Commence alors une course contre le temps, où les amis d’hier devront rester forts et soudés, pour lutter contre les autres. Et contre eux-mêmes.

Dans leur pauvre village, Ivar, Kaya et Oswald organisent un braconnage sur les forêts du seigneur… et ça tourne mal. Leur rencontre avec un jeune seigneur arrogant entraîne l’arrestation des trois amis, et leur condamnation terrible : ils doivent ingérer un parasite, le lehrling, qui va les transformer en bersekirs.

Les bersekirs, monstres mi-humains mi-animaux, sont inspirés des guerriers-fauves surpuissants de la mythologie nordique. Leur humanité s’est enfuie tout au fond d’eux et leur nature animale, violente, a pris le dessus. Seuls les seigneurs et leurs sorciers, à l’aide d’amulettes et de magie, peuvent empêcher leur rage de se retourner contre eux. Ces derniers utilisent les bersekirs sur les champs de bataille.

Au fur et à mesure de leur évolution, de leur mutation, Ivar, Kaya et Oswald voient l’animal en eux prendre le dessus. Leurs relations s’étiolent, leur personnalité évolue. Mutation de l’homme vers l’animal, de l’adolescent vers l’adulte ? Comment assumer son nouvel état à mi-chemin entre l’humain et l’animal ?

C’est un récit de fantasy très sombre, à l’ambiance austère, un peu magique, où les héros luttent pour leur survie ; dès le départ on sent que l’histoire est vouée à mal se terminer. Et le dénouement est loin d’être optimiste. Mais il fait réfléchir sur la nature de l’humanité, sur la confiance, l’amitié. Une belle lecture pour les plus âgés des ados et bien sûr les adultes.

Aurélie Wellenstein, Le roi des fauves, Scrinéo, 2015, 9782367403023

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