Chanson douce, de Leïla Slimani

Chanson douce par SlimaniLorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

Le récit d’un piège qui se referme. Dès la première page, le lecteur n’ignore rien de la fin tragique qui attend les deux jeunes enfants. L’entrée en matière est violente et brutale. Tout le roman est sous tension. L’indicible se situe au début et à la fin du roman, comme une boucle impossible à boucler, un moment qui échappe aux mots, à la compréhension, à la conception même. Leila Slimani décrit le cadre de ce qui a été rendu possible, et qui peut-être aurait pû ne pas arriver, si seulement Louise et Myriam, la nounou et la mère, avaient su se parler. L’auteur offre deux portraits nuancés de mère, décrivant leur nervosité, leur insatisfaction, leurs difficultés à être mères. Elle nous dévoile la vie privée – de tout – de Louise, vie cachée dont ses patrons ignorent tout. Une force incroyable dans ce roman, à la fois psychologique et social, dramatique et dérangeant.

Leïla Slimani, Chanson douce, Gallimard, 2016, 9782070196674