Je t’enverrais des fleurs de Damas, de Franck Andriat

Frank Andriat, Je t'enverrai des fleurs de Damas.S’expatrier et aller se battre pour une cause que l’on croit juste, donner sa vie pour la démocratie et la liberté, c’est bien. Sauf si l’on a quinze ans et qu’on s’est fait « tourner la tête » par des extrémistes qui, au nom de Dieu, envoient des jeunes à la mort. La guerre civile en Syrie a causé des dizaines de milliers de victimes et la communauté internationale n’en fait pas une priorité absolue.
Pendant ce temps-là, des innocents meurent et, parmi ceux-ci, des adolescents venus de France et d’ailleurs.

Le point de vue de ceux qui restent : plusieurs adolescents, dont Myriam, la meilleure amie de Wassim, et Youssef, aux positions catégoriques, ainsi que le regard d’un de leurs enseignants.

Cette pluralité est précieuse, mais elle ne permet pas de comprendre les ressorts du départ de Wassime et d’Othmane. Franck Andriat pose quelques jalons (manipulations, repli sur soi…) sans entrer dans les détails de la complexité psychologique des adolescents. L’auteur s’attache plutôt à montrer les ravages de ce départ sur leur entourage, en multipliant les points de vue narratifs. Ce procédé est ici plutôt mal exploité : on trouve des redites d’un témoignage à l’autre, on a parfois l’impression de relire plusieurs fois la même histoire, sans que cela n’apporte grand chose. Si Myriam est dynamique et attachante, certains personnages, comme celui de l’enseignant ou de Youssef, manquent d’épaisseur. Ce dernier, qui tient pourtant une place essentielle dans ce court roman, est dénué d’intériorité. Le lecteur a l’impression qu’il tient le rôle totalement désincarné de la voix des recruteurs fanatiques.

Un roman qui invite à réfléchir par soi-même mais qui, malheureusement, n’est pas suffisamment abouti.

Franck Andriat, Je t’enverrais des fleurs de Damas, Mijade, 2014, 978-2-87423-099-8

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