La différence invisible, de Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

La différence invisible par DachezMarguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

Le lecteur entre en douceur dans l’univers de Marguerite, 30 ans. Marguerite a un emploi, un compagnon, un appartement… mais elle a surtout des difficultés à communiquer avec les autres et à les comprendre parfois, elle suit des routines bien réglées, elle est hypersensible aux sons, aux bruits, elle n’aime pas l’imprévu… La première partie de cette BD nous décrit donc son désarroi face à des différences qu’elle ne s’explique pas, et qui la mettent en difficultés.

Marguerite cherche des réponses sur Internet et découvre que ses symptômes correspondent à une forme légère de l’autisme, le syndrôme Asperger. Pas de clichés, pas de pitié non plus : Julie Sanchez s’inspire de sa vie, et l’on découvre ce syndrôme mal connu ainsi que les remarques déplacées et idées reçues dont ceux qui en sont atteints sont victimes. Le trait est d’une grande simplicité, et l’usage des couleurs est à la fois sobre et intelligent. Une jolie BD, touchante et instructive.

Julie Dachez, Mademoiselle Caroline, La différence invisible, Delcourt, 2016, 9782756072672