Ma fugue chez moi, de Coline Pierré

Ma fugue chez moi par PierréA quinze jours de Noël, rien ne va plus pour Anouk. Elle s’est vengée de sa copine d’enfance qui la harcelait au collège. Elle a appris que sa mère climatologue prolongerait son séjour en Alaska, les laissant encore une fois seuls pour les fêtes. Elle n’a pas l’âme d’une aventurière mais voudrait changer de vie. Alors d’un coup de tête, elle remplit son sac à dos et s’en va. La journée passant, impossible de trouver à se loger. Solution : fuguer sans bouger de chez elle. Anouk organise sa planque dans un placard sous les toits. Elle descendra du grenier regarder ses mails, piocher dans le frigo et faire sa toilette aux heures de bureau de son père. Le week-end, sa sœur pensionnaire sera là. Ca sera long et difficile. Se sachant recherchée, combien de temps et comment va-t-elle tenir ? Et les siens, comment vont-ils vivre l’absence ?

Ce roman court aborde le thème de la fugue sous un angle original. Anouk, réfugiée dans le grenier, voit vivre son père et sa soeur, et peut se rendre compte de leur inquiétude à son sujet. Elle se pose des questions, elle réfléchit à ses relations à ses proches, à sa mère absente à qui elle en veut, à la souffrance de son père. Elle observe tout cela avec moins de détachement qu’elle ne le voudrait. Elle se replie à l’intérieur de son cocon, comme à l’intérieur d’elle-même, elle sait bien que cela ne peut avoir qu’un temps, mais elle reste là dans ce temps particulier, solitaire et suspendu. Le lecteur s’attache à ce personnage et découvre aussi la jolie relation qui l’unit à Bena sa petite soeur. Une fin plutôt inattendue, ni happy end ni pathétique, finalement proche de la vie réelle, termine ce roman d’une grande justesse.

Coline Pierré, Ma fugue chez moi, le Rouergue, 2016, 978-2-8126-1052-3

 

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