Là où vont nos pères, de Shaun Tan

Un homme part, laissant derrière lui femme, enfant et misère. Il part avec l’espoir de trouver une vie meilleure dans un pays inconnu, de l’autre côté de l’océan. Il découvre une ville déconcertante, où tout lui est étranger, du langage aux coutumes. Avec rien de plus qu’une valise et quelques billets, il cherche un endroit où vivre.

couvertureUn magnifique album sans texte, aux couleurs sépias et à l’aspect volontairement vieilli… comme un album de souvenirs familiaux, que l’on feuillette pour se rappeler d’où l’on vient. C’est l’histoire d’une famille, dans un pays d’Asie probablement, dont le père fait sa valise et monte sur un paquebot pour rejoindre un ailleurs plus prometteur. Des symboles étranges matérialisent l’écriture de ce nouveau pays et incarnent l’étrangeté même de la situation de l’exilé.

Il y a un contraste entre l’aspect photographique des illustrations et la fantaisie qui se dégage des représentations de l’architecture, des animaux, de la nature. De la poésie et du rêve dans un un monde plutôt sombre, avec de nombreuses notes d’espoir. Ainsi le héros rencontre d’autres migrants, solidaires, qui l’aident à s’intégrer. Le jeu sur l’échelle des plans, du simple détail à l’illustration pleine page, le découpage en chapitres, l’utilisation de différentes nuances de sépia, tout renforce la puissance évocatrice de cet album muet.

Prix du meilleur album 2008 (Festival BD d’Angoulême).

Shaun Tan, Là où vont nos pères, Dargaud, 2007, 978-2-205-05970-0

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