L’autre qu’on adorait, de Catherine Cusset

L'autre qu'on adorait par CussetL’autre qu’on adorait fait revivre Thomas, un homme d’une vitalité exubérante qui fut l’amant, puis le proche ami de la narratrice, et qui s’est suicidé à trente-neuf ans aux Etats-Unis. C’est le récit de la mécanique implacable d’une descente aux enfers, racontée par celle qui fut souvent si proche de lui.

Un roman singulier, écrit à la 2e personne : « tu », pour restituer à l’ami disparu sa dignité, son épaisseur. Beaucoup de sensibilité dans ce récit de vie, forcément subjectif. Un regard tendre et délicat, complice, pour raconter l’ami solaire, drôle, qui aime les femmes et la fête, brillant…

Catherine Cusset, son amie depuis 20 ans, fouille l’intériorité de Thomas, dessine les contours de sa personnalité hors normes. Hors norme, parce que Thomas ne s’enracine pas, il vacille peu à peu, penche du mauvais côté… C’est un enfant perdu, à qui son amie accorde un peu de temps de vie en plus, une vie romanesque, littéraire, mais une vie quand même. Ce que l’on retient de ce roman, c’est ce que disent les mots de Proust en exergue, que l’Autre est indicible et impénétrable…

Ce que Catherine Cusset propose modestement, c’est un rayon de soleil qui, traversant une épaisse forêt, l’éclaire d’une manière unique, intense, sensible.

Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait, Gallimard, 2016, 978-2-07-268820-1

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