Il va venir, de Marcus Malte

David vit dans une maison isolée, en pleine montagne, avec une vieille femme dont on comprend vite qu’elle est sa seule famille, famille d’accueil, en fait, car David y a été placé par la DDASS. Sa plus grande crainte est que les autorités compétentes se rendent compte que celle qu’il appelle volontiers  » Mamie  » n’a plus toute sa tête, et qu’il soit contraint de la quitter. La vieille femme attend depuis vingt ans que son fils revienne de la guerre d’Algérie. Aussi lorsqu’un homme, blessé, se présente à la porte, elle est persuadée que son petit Bernard est enfin rentré.

Une bonne dose de suspense pour ce roman très court. Le lecteur est en immersion dans la tête de David, le jeune héros. Celui-ci va jusqu’à surnommer l’intrus « le Chasseur Solitaire », du nom d’un personnage qu’il a inventé… Beaucoup de choses sont dites sur le besoin de filiation. Car David, placé chez la vieille dame on ne sait trop comment, a énormément besoin de se sentir intégré dans une famille… il en vient à jalouser le lien qui se crée (de façon plus ou moins artificielle d’ailleurs) entre la vieille dame et l’intrus. Pour moi la force de ce roman est de ne pas trancher la question : l’homme avait-il des intentions hostiles en frappant à la porte de cette maison isolée ? Ou est-ce David et son imagination débordante qui lui attribué de mauvaises intentions ?

Marcus Malte, Il va venir, Syros, 2011, 978-2748511222