La violence des riches, Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon

La violence des riches : Chronique d'une immense casse sociale par PinçonAprès « Riche, pourquoi pas toi ? », où avec l’aide de la talentueuse Marion Montaigne les Pinçon-Charlot décrivaient les habitus de la grande bourgeoisie, voici un essai sur les riches qui remet la lutte des classes au goût du jour…

Alors oui, bon, « lutte des classes », ça fait daté… on se dit, c’est dépassé, tout ça… Que nenni ! Voici comment les riches (terme très général, difficile à définir… mais qui recouvre tout de même une certaine réalité sociologique) exercent une violence inouïe sur l’ensemble de la société. Ainsi la crise de 2008, une crise purement financière, a été imposée comme une crise globale… et dans de nombreux pays, les Etats, et donc les citoyens, ont dû payer ! Les risques sont externalisés, mais les profits sont individuels, et les grandes fortunes s’accroissent, tandis que le maintien de la dette publique permet de compresser les dépenses de l’Etat, et donc d’accroître la pression sur les classes populaires et moyennes.

Cette domination sociale est acceptée par tous, tant la guerre des classes est aussi psychologique. La serviture volontaire est intériorisée, entretenue par les médias. Elle passe aussi par une stigmatisation du peuple, dont on dénonce les prétendus « coûts » (les fameuses « charges sociales » insupportablement lourdes). C’est une guerre invisible, que dénonce cet ouvrage très documenté. Enquêtes, portraits, témoignages, données chiffrées : cette guerre a aussi ses visages, ses agents, ses lieux.

Une lecture indispensable.

Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, La violence des riches, La Découverte, 2014, 978-2-7071-8267-8

 

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La survie de l’espèce, de Paul Jorion et Grégory Maklès

La survie de l'espèce par JorionSi l’on en croit Paul Jorion, l’économie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux mains des seuls économistes !

Un joli essai sous forme de BD, percutant et cynique, qui introduit les candides aux égarements du capitalisme contemporain.

Retraçant l’histoire de la domination, et comment les dominés l’acceptèrent (« la fabrication du consentement »), l’anthropologue Paul Jorion analyse les incohérences du système capitaliste. Il décrit les mécanismes d’une crise spéculative, et les personnages de Maklès, relevants de la caricature mordante, servent ce discours pédagogique ; le capitaliste est le bonhomme du Monopoly, l’industriel est un militaire qui obéit aux instructions, quant à l’employé, il est représenté sous les traits d’un célèbre bonhomme en plastique, sans oublier l’ouvrier que l’on voit comme un cheval de trait, bête de somme…

Beaucoup d’humour pour ce travail de vulgarisation, même si, au final, les perspectives ne semblent pas très roses !

Paul Jorion, Grégory Maklès, La survie de l’espèce, Futuropolis, 2012, 978275480725X

Voyage aux pays du coton, d’Erik Orsenna

Voyage aux pays du coton : Petit précis de mondialisation par OrsennaL’histoire du coton à travers différents pays (le Mali, les Etats-Unis, le Brésil, l’Egypte, l’Ouzbékistan, la Chine et la France) permet de raconter l’histoire de la mondialisation économique.

Ce livre se lit très facilement, il montre l’économie sous un jour vivant. Ce récit de voyage est riche en enseignements, il est d’une grande finesse et intelligence.

Erik Orsenna, Voyage aux pays du coton, petit précis de mondialisation, Fayard, 2006, 9782253121947