The woods, tome 1, de James Tynion IV et Michael Dialynas

ImageUne balade dans les bois à quelques années-lumière de la Terre. Le 13 octobre 2013, 437 étudiants, 52 professeurs et 24 membres du personnel de l’école de Bay Point à Milwaukee disparaissent sans laisser de traces. A des années lumières, bien au-delà des frontières de notre système solaire, ces 513 personnes se retrouvent au milieu d’une étrange forêt primaire. Où sont-ils ? Pour quelle raison ont-ils été amenés ici ? Les réponses seront difficiles à trouver et surtout, à croire…

L’idée de départ est originale :  un lycée entièrement téléporté sur une autre planète, la survie qui s’organise avec différentes conceptions de celle-ci… Rapidement adolescents et adultes s’opposent et un petit groupe d’ados part dans la forêt avec à sa tête l’énigmatique Adrian…

J’ai apprécié la construction en courtes séquences, proche de l’univers des séries. Le rythme est nerveux et plein de rebondissements. Les ados sont attachants, et des flash-backs permettent de découvrir les sentiments et les relations qui les lient les uns aux autres.

Le traitement graphique est coloré, voire flashy, et c’est assez attrayant. On navigue entre les univers de la science-fiction, de l’horreur, de la fantasy ; c’est un univers assez riche dans lequel on est plongé. Et bien sûr la fin du 1e tome nous laisse un peu sur notre faim : on attend la suite pour avoir des réponses !

James Tynion IV, Michael Dialynas, The Woods, tome 1, Ankama éditions, 2016, 978-2-35910-918-4

Le chaos en marche (série), de Patrick Ness

la voix du couteauTodd est le dernier garçon du Nouveau Monde. Tous les autres sont devenus des hommes et dans un mois, le jour de son treizième anniversaire, il deviendra un homme à son tour. Il a toujours vécu avec le Bruit, cette manifestation incessante des pensées de chacun. Le Bruit est la faute des Spackles, les ennemis qui ont répandu le virus du parler, donnant la parole à tous les animaux et tuant toutes les femmes de la planète. Todd n’a toujours connu que cela et il n’a aucune raison de remettre en question l’univers dans lequel il vit. Jusqu’au jour où il trouve un endroit où le Bruit se tait et où il rencontre Viola. Une fille.

Gros coup de coeur pour cette trilogie. Voici une épaisse série de science fiction, sombre, violente, mais aussi remplie d’espoir et porteuse de nombreuses réflexions. Par où commencer, tant elle est foisonnante, complexe, intelligente ?

Intelligence du langage : dans un monde où chacun entend dans sa tête les pensées des autres hommes, Lire la suite

Silo, de Hugh Howey

Silo par HoweyDans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin. Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine. Lire la suite

Unique, d’Allison Allen-Gray

Unique par Allen-GrayDominic, 15 ans, ne s’entend pas avec ses parents. Le seul membre de sa famille avec qui le garçon se sent bien, c’est Pops, son grand-père, qui perd un peu la boule. Un jour, dans le grenier de Pops, Dominic découvre un album photo que personne ne lui a jamais montré. Il est pourtant rempli d’images de son enfance. Plus il le feuillette, plus le malaise s’empare du garçon : ces anniversaires, il n’en a aucun souvenir;ces enfants qui l’entourent et semblent être ses copains, il ne se les rappelle pas;ces lieux où il pose, il ne les reconnaît pas. La dernière photo de l’album fait à Dominic l’effet d’une décharge électrique : c’est lui… en plus vieux ! Qui est ce jeune homme dont Dominic n’a jamais entendu parler et qui lui ressemble trait pour trait ?

Dans un style fluide, ce roman jeunesse pose la question : qu’est-ce qui fait de nous une personne unique ? Quelle est la part de notre expérience, notre vécu, dans la construction de notre personnalité ? Le personnage de Dominic est attachant mais parfois l’intrigue est déroutante. Ce livre a reçu en Angleterre le « Stockport School’s Book Award ».

Allison Allen-Gray, Unique, Bayard jeunesse, 2011, 9782747029650

La route, de Cormac Mac Carthy

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.

« Les nuits obscures au-delà de l’obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d’avant. » Dans cette atmosphère sépulcrale, alors que l’humanité semble proche de l’extinction, un homme et son jeune fils marchent. A travers des campagnes enfouies sous les cendres, approchant des villes dévastées. Le père et le fils marchent, ensemble, et nous font espérer que l’intensité de l’amour peut faire reculer les ténèbres. Roman d’épouvante et poème initiatique, dépouillé à l’extrême, ce récit laisse une empreinte indélébile.

Cormac Mac Carthy, La route, L’Olivier, 2008, 9782879295916