Coeur d’encre, de Cornelia Funke

Résultat de recherche d'images pour "coeur d'encre"Dans ce roman il est question : d’un livre mystérieux, d’un odieux personnage, d’un secret, d’une fuite… Meggie et son père Mo vivent des aventures incroyables, qui d’ordinaire n’arrivent que dans les livres. Mais où commence et où finit la littérature ? Les histoires que l’on raconte, existent-elles quelque part ? Et si on rencontrait dans la vraie vie un personnage de roman ?
Un roman plein de rebondissements, le lecteur ne s’ennuie pas une seconde… mais s’interroge aussi sur la puissance des histoires, sur le pouvoir des mots… est-ce un hasard si le père de Meggie s’appelle justement, Mo ?
Un premier tome prometteur.

Cornelia Funke, Coeur d’encre, Gallimard jeunesse, 2010, 978-2-07-062208-5

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D’après une histoire vraie, de Delphine de Vigan

Une brillante histoire qui marque pour longtemps !

D'après une histoire vraie par ViganAprès avoir écrit un roman auto-biographique (Rien ne s’oppose à la nuit), Delphine de Vigan est frappée de voir que ses lecteurs sont happés par ce qu’il y a de réel dans ce roman. Un de ses lecteurs lui dit : « Nous, ce qui nous plaît dans votre livre, c’est l’accent de vérité. On le sent, on le reconnaît. L’accent de vérité, ça ne s’explique pas ».

C’est le point de départ de ce roman, intitulé « D’après une histoire vraie » : qu’est-ce qui est vrai dans ce texte ? qu’est-ce qui ne l’est pas ? Réalité et invention sont si étroitement entremêlés que Delphine de Vigan démontre, brillamment, le pouvoir et la force de la littérature. Dans ce roman la narratrice incarne l’auteur. Prénommée Delphine, auteur d’un roman autobiographique dont le succès la dépasse… d’autres éléments encore renforce cette identification forte entre l’auteur et le narrateur. Le contrat semble clair : Voilà une nouvelle partie de ma vie dévoilée, semble dire l’auteur.

Et pourtant… Dans un style fluide, volontairement décousu par moments, évoquant un témoignage, Delphine de Vigan nous embarque dans un récit psychologique haletant. Elle raconte avoir rencontré L., une femme de son âge qui devient rapidement son amie, au moment où elle se sent le plus désemparée par le succès de son dernier livre. L. est « nègre », elle écrit pour les autres et reste toujours dans l’ombre. Il existe un réel effet de miroir entre L. (elle ?) et la narratrice qui dit « je » (auteur à succès, rappelons-le, et alors en pleine lumière…). L. va assez vite prendre de l’ascendant sur Delphine, qui se trouve alors incapable d’écrire (« Qu’est-ce que je vais écrire après ça ? »). L. cherche à la convaincre de rester dans le réel, le vrai, alors que la narratrice veut revenir à la fiction.

Cette histoire d’emprise, d’isolement, de manipulation (avec des références très fortes à Misery de Stephen King) pose des questions de fond sur la littérature : est-ce à l’auteur de faire le choix entre le réel et l’imaginaire ? Ou au lecteur ? Les histoires que l’on se raconte, ne sont-elles pas réelles ? Qu’est-ce qui nous nourrit dans la littérature ? L’intertextualité, implicite ou explicite, est au centre de ce récit qui est pour moi, la preuve du rôle démiurgique concomittant de l’auteur et du lecteur. A quoi bon savoir ce qui est vrai ou non dans ce livre ? Ce qui est certain c’est qu’il m’a marquée pour longtemps.

Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie, Lattès, 2015, 978-2709648520

L’Auberge de Nulle Part, de Patrick J. Lewis et Roberto Innocenti

Un peintre en mal d’imagination prend sa petite 4L rouge et quitte la grande route pour aller vers une auberge isolée, tout au bout du Finistère… Il y rencontre des personnages hauts en couleur, tous en quête de quelque chose : Huckleberry Finn, Long John Silver, la petite sirène, don Quichotte, le baron perché…

Peut-on perdre son imagination ?

Qu’est-ce que créer ?

Pas de doutes, là où dansent les points d’interrogation avec les réponses, l’imaginaire est le maître, et dans cet étrange Finisterre, les héros de notre enfance nous habitent. Un très joli voyage au pays du rêve et de la littérature, avec de superbes illustrations aux points de vue variés et bourrées de clins d’oeil. Une réussite, vraiment !

Patrick J. Lewis, Roberto Innocenti (ill.), L’Auberge de Nulle Part, Gallimard jeunesse, 2002, 978-2-07-054965-8

Nos étoiles contraires, de John Green

Nos étoiles contrairesL’histoire de deux adolescents amoureux et tous deux atteints d’un cancer, c’est pas sensé être très drôle. Et pourtant l’auteur arrive à nous faire sourire (mais aussi pleurer, bien sûr). Ce roman non dénué d’humour n’élude pas le cancer et ses aspects les plus repoussants ; comme dans ce passage où Hazel vient secourir son amoureux au milieu de la nuit. Mais c’est fait sans pathos, et le ton décalé de la narratrice est d’une grande justesse. La construction du récit autour d’un roman et de son auteur hollandais est une riche idée et donne toute sa profondeur à l’histoire. C’est un livre qui fait pleurer, on l’aura compris, mais aussi réfléchir. C’est pas si courant…

John Green, Nos étoiles contraires, Nathan, 2012. 9782092443030